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No More Ransom - Agissons contre les rançongiciels chiffrants !

Le CECyF rejoint avec enthousiasme le programme NoMoreRansom. Il regroupe sous l'égide d'Europol un certain nombre de partenaires publics et privés œuvrant dans la lutte contre les cryptolockers ou rançongiciels chiffrants.

Ainsi, sur le site NoMoreRansom vous trouverez des informations sur cette menace, la façon de s'en prémunir et surtout, dès qu'une solution existe, des liens vers les outils vous permettant de déchiffrer les fichiers compromis par le cryptolocker dont vous êtes victime.

Ainsi, il vous sera proposé de détecter le cryptolocker auquel vous êtes confronté et il vous sera indiqué les solutions lorsqu'elles existent.

Le CECyF contribue à ce travail en relayant grâce à vous l'information sur les cryptolockers et en particulier nous vous proposons une version en langue française du site NoMoreRansom. Pour vous informer plus généralement sur les rançongiciels et les botnets, vous pouvez consulter les sites Web suivants du réseau CECyF Prévention:

et bien entendu notre nouveau partenaire:  NoMoreRansom !

Si vous êtes venus directement sur cette page depuis NoMoreRansom, vous pouvez vous informer sur notre association - CECyF - Centre expert contre la cybercriminalité français et découvrir toutes nos actions de prévention contre la cybercriminalité du programme CECyF Prévention.

Prévention contre les rançongiciels chiffrants (Europol)

Le centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) d'Europol propose dans une infographie publiée sur son compte twitter des conseils particulièrement utiles pour prévenir le risque lié aux rançongiciels, et en particulier les rançongiciels chiffrants:

  • maintenez vos logiciels à jour
  • utilisez des logiciels anti-virus
  • naviguez et téléchargez uniquement depuis des sites de confiance
  • réalisez des sauvegardes régulières de vos données essentielles
  • signalez et portez plainte le cas échéant
  • contactez votre éditeur de solution de sécurité pour vous assister dans le nettoyage de votre ordinateur

Ce sont les mêmes conseils que vous retrouvez sur notre site dans les différentes rubriques: s'informerse protéger, nettoyer.

N'hésitez pas à nous signaler d'autres initiatives de sensibilisation: contact(nospam)antibot.fr (remplacez nospam par @) ou sur notre compte twitter ou facebook.

Botconf 2015

Botconf est une aventure qui a commencé en 2013 à Nantes, s'est poursuivie en 2014 à Nancy et a tenu sa troisième édition la semaine dernière à Paris, du 2 au 4 décembre 2015, dans les locaux de Google France, avec un succès qui ne cesse de s'amplifier.

Plus de 260 participants du monde entier sont venus assister à près de 30 présentations, avec des intervenants du monde entier, de la Chine aux Etats-Unis en passant par l'Afrique du Sud. Le contenu est cette année encore particulièrement varié avec les dernières nouvelles sur les botnets Ponmocup, Cryptowall, Andromeda ou encore Sality. C'est aussi l'occasion de parler des méthodes de démantèlement avec des points de vue variés comme ceux d'Europol EC3 ou de partenaires académiques ou des chercheurs du secteur privé.

C'est aussi une opportunité pour ces chercheurs d'échanger sur les méthodes d'analyse, les techniques utilisables pour décortiquer ou démanteler un botnet, et aussi d'avoir un regard prospectif sur les botnets du futur, ceux qui pourraient par exemple utiliser de nouveaux moyens de communication pour pénétrer encore plus avant dans les organisations malgré le cloisonnement des réseaux comme l'ont présenté les chercheurs de l'ANSSI. Frank Denis de chez OVH a aussi proposé d'améliorer la façon dont les hébergeurs informent la communauté qui lutte contre les botnets des mesures concrètes qu'ils prennent grâce à la mise en place d'un protocole de publication d'informations.

Enfin, une session de lightning talks - des présentations courtes de 3 minutes chacune - était organisée le deuxième jour avec de nouvelles idées et des propositions d'échanges pour le futur. Pour creuser un peu, vous pouvez parcourir les présentations (et bientôt les vidéos de la conférence) sur le site. La presse et plusieurs blogs évoquent la conférence:

Botconf est organisée par une équipe de volontaires regroupés au sein de l'association AILB. Ils donnent rendez-vous à la communauté des chercheurs et des services de police début décembre 2016 à Lyon en France.

Lancement d'Antibot.fr

Membre du réseau de sites d'information européen contre les botnets issu du projet Advanced Cyber Defence Centre (ACDC), Antibot.fr en est la plateforme française. Créé par le CECyF - Centre expert contre la cybercriminalité français, avec son membre Signal Spam, il vise à donner les informations immédiatement utiles pour prévenir la diffusion des botnets, mais aussi aider dans la détection des virus de botnets sur les ordinateurs des victimes et les aider à les nettoyer - en particulier grâce aux outils développés dans le cadre du projet ACDC.

Le projet Advanced Cyber Defence Centre, financé par la Commission européenne dans le cadre du programme ICT PSP (Information and Communication Technologies Policy Support Programme), regroupe des partenaires de 14 pays européens pour mettre en oeuvre une plateforme pilote comprenant: la centralisation de l'information collectée par les partenaires sur les botnets, des centres de supports nationaux comme Antibot.fr, la détection de sites Web infectés et d'anomalies dans les réseaux et l'intégration d'outils de détection et de suppression de virus des machines des utilisateurs finaux.

Le CECyF est une association à but non lucratif fondée en janvier 2014 sur les bases du projet 2CENTRE, financé par la Commission européenne. Il s'agissait de fonder dans chaque pays d'Europe un centre fédérant les efforts des partenaires institutionnels (services d'enquête, justice), académique et industriels contre la cybercriminalité. Le CECyF développe en France avec  ses 25 membres des actions de prévention, formation et recherche et développement contre la cybercriminalité.

Signal-Spam est une association à but non lucratif créée en 2005 pour lutter contre le courrier électronique non sollicité au travers d'actions partenariales avec l'ensemble des acteurs du courrier électronique et sur la base des signalements des internautes. 300.000 signalants sont enregistrés auprès de Signal-Spam et produisent plus de 5 millions de signalements chaque année. Signal-Spam est un des premiers soutiens à avoir rejoint le CECyF, dès mars 2014. 

Comment on attrape un virus informatique

[Article reproduit depuis le Blog Criminalités Numériques avec l'aimable autorisation d'Eric Freyssinet]

... aujourd'hui. En effet, la réponse à cette question est très mouvante et évolue avec le temps. Il y a quelques années encore, beaucoup de virus informatiques se diffusaient sur Internet sous forme de vers, se propageant d'une machine à une autre, mais vraisemblablement parce que de plus en plus d'ordinateurs ne sont plus connectés directement à Internet, ce n'est plus le mode de diffusion privilégié. En effet, derrière des box ADSL, même si vos ordinateurs, tablettes et autres télévisions connectées ne sont pas totalement protégés, ils ne sont pas directement et totalement accessibles depuis l'extérieur comme on pouvait l'être quand on se connectait avec un modem directement connecté à l'ordinateur.

Nous vous proposons de parcourir quelques modes de propagation qui, vous allez le voir, parfois s'entrecroisent. En effet, de la même façon qu'il est parfois difficile de classifier les logiciels malveillants, il est parfois tout aussi difficile de tracer une frontière entre ces différents modes de contamination.

L'installation par l'utilisateur

Ce mode de propagation permet notamment des attaques ciblées, par exemple en envoyant un lien spécifique ou une pièce jointe à une victime donnée. Il repose sur la confiance qu'a la victime dans le contenu qui lui est présenté, soit parce qu'il semble provenir d'une personne de confiance, soit parce que le sujet l'intéresse. Il peut s'agir directement d'un programme informatique qu'on est invité à installer ou qu'on souhaite soi-même installer, ou alors d'un document qui va exploiter une faille du logiciel permettant de l'afficher (PDF, document Word ou même encore une simple image qu'on ouvre dans le logiciel par défaut de son ordinateur, comme ce fut le cas avec le Kodak Image Viewer livré avec certaines versions de Windows). Dans tous les cas, c'est la victime qui clique sur le fichier pour l'ouvrir volontairement. Dans certains cas, il se peut que cette transmission soit réalisée par un ver (voir paragraphe plus bas) qui a contaminé l'ordinateur ou pris le contrôle du compte de réseau social ou de courrier électronique d'un ami. Bien évidement une personne malintentionnée peut aussi profiter d'un mot de passe défaillant ou d'un moment d'inadvertance pour installer un virus sur l'ordinateur de sa victime, soit en accédant physiquement à l'ordinateur, soit en y accédant à distance.

Les supports amovibles

Ici encore, c'est la victime qui est invitée à agir, en connectant un support amovible (souvent une clé USB, comme dans le cas du célèbre Stuxnet) sur son ordinateur. Ces clés vous arrivent de personnes en qui vous faites confiance (collègues de travail, amis, contacts professionnels) ou bien encore sont parfois trouvées dans la rue (cet été la société néerlandaise DSM semble avoir été victime d'une tentative d'attaque réalisée de cette manière). Ici, différentes techniques sont utilisées pour rendre invisible la contamination, celle-ci se réalisant automatiquement, par exemple avec les fonctions de démarrage automatique des systèmes d'exploitation.

... et les partages réseaux

Dans un environnement familial (disque dur partagé sur le réseau local pour mettre en commun documents, musique, films...) et surtout professionnel, ce type de contamination est particulièrement courant. Dans certains cas, on a vu qu'il pouvait être beaucoup plus efficace que les supports amovibles puisqu'on fait un peu plus confiance par défaut à un partage interne ou encore parce que certains environnements professionnels imposent d'exécuter au moment de leur connexion des fichiers de configuration se trouvant dans ces répertoires partagés.

Les vers

Les différents modes de contamination décrits ci-dessus sont parfois comparés aux vers, notamment lorsqu'on parle des espaces partagés, mais ils ont tous la particularité de passer par des étapes intermédiaires avant de contaminer l'ordinateur cible. En effet, on parlera plus facilement de vers pour les propagations qui se font directement d'une machine à une autre, exploitant une faille dans tel ou tel protocole réseau ouvert sur une machine. La plupart des vers exploitent une faille ou un type de protocole spécifique, même si certains ont plusieurs modes de diffusion. Ainsi, le ver Conficker, encore très présent aujourd'hui sur Internet, utilise trois modes de propagation (voir cet article de synthèse par P. Porras et al.): une vulnérabilité d'un des protocoles de communication réseau sous Windows (MS08-067), mais aussi le partage de répertoires sur les réseaux locaux ou encore le partage de supports amovibles. Dans certains cas, ces vers vont exploiter des trous laissés ouverts par d'autres virus informatiques. Enfin, les vers peuvent aussi profiter des plateformes de communication par courrier électronique ou sur les réseaux sociaux (comme le ver Koobface) pour atteindre leurs victimes.

Les plateformes d'exploits

Il s'agit ici d'exploiter des failles dans les différents composants qui servent à afficher des contenus provenant d'Internet, le plus souvent dans les navigateurs (Internet Explorer, Chrome, Firefox, etc.), mais aussi dans les clients de messagerie (Thunderbird, Outlook, etc.) qui affichent le même type de contenus riches. Et il y a plusieurs niveaux d'attaque: directement dans les fonctions du navigateurs, mais aussi dans les extensions les plus courantes qui permettent d'afficher des contenus enrichis (Flash et Java en particulier). Dans certains cas, l'interaction de l'utilisateur est recherchée, pour valider l'installation d'un module complémentaire. Ces plateformes sont hébergées sur des serveurs Web et sont particulièrement recherchées aujourd'hui par les délinquants qui veulent diffuser des logiciels malveillants, parce qu'elles permettent d'atteindre directement le poste de l'utilisateur et se montrent très efficaces avec selon les pays des taux de contamination oscillant autour de 10% des visiteurs. Elles ont des noms guerriers ou en tous cas très commerciaux (Blackhole, Sakura, Sweet orange,... voir la catégorie Plateforme d'exploits sur botnets.fr - @botnets_fr) ; elles sont ainsi un des indicateurs les plus forts de l'évolution de la cybercriminalité vers une véritable activité de services, avec des bannières publicitaires sur les forums où se discutent les marchés illégaux, de véritables services après vente allant jusqu'à rembourser des clients mécontents, et une gestion très avancée des besoins des utilisateurs. Leur démarche est très agressive, comme lorsque le créateur de Blackhole, surnommé Paunch, s'est empressé à la fin du mois d'août d'intégrer la toute dernière vulnérabilité Java ou encore cette semaine avec la sortie d'une version 2 avec toutes sortes de nouvelles fonctionnalités (dont beaucoup ont pour objet de protéger celui qui l'exploite des enquêtes judiciaires ou de la surveillance des chercheurs en sécurité informatique - voir cet article par @Kafeine ou une autre synthèse chez Sophos).

Création de trafic

Exemple de courrier électronique redirigeant vers une plateforme d'exploit en se faisant passer pour une application Facebook (source: Sophos)

Le délinquant qui veut diffuser un logiciel malveillant va donc installer une telle plateforme d'exploit, ou plus vraisemblablement louer les services de groupes qui se sont spécialisés dans leur administration, car en effet il vaut mieux disposer d'un grand nombre de serveurs différents, savoir administrer de façon sécurisée un serveur Web, gérer les mises à jour, etc. Il va ensuite devoir attirer des visiteurs vers la plateforme, sous formes de campagne de spam ou encore en insérant un code particulier dans des pages Web: des bannières publicitaires ou encore des sites Web légitimes, comme évoqué dans cet autre article, pour la diffusion des rançongiciels. Encore ici, ce sont des services criminels qui se sont développés autour de la création de trafic et ils vont louer leurs services à ceux qui veulent créer un botnet. On les appelle parfois traffers. Techniquement, le chargement du code malveillant depuis la plateforme d'exploit est réalisé par l'inclusion d'une fenêtre invisible au sein de la page Web, par des balises de type "iframe" qui ressemblent à ce code:

Directement dans le serveur Web

Et les traffers innovent eux aussi récemment: on a ainsi découvert récemment un module qui s'ajoute dans les serveurs Web de type Apache et injecte dans tout ou partie des pages Web diffusées les balises permettant d'insérer des contenus cachés provenant des plateformes d'exploit. C'est une évolution importante par rapport aux modes de diffusion classique suite à un piratage de serveur Web qui supposent de modifier de nombreux fichiers pour obtenir le même résultat. Ainsi, on pourrait imaginer qu'un serveur mutualisé, utilisé par des centaines de webmestres, intègre automatiquement ces vecteurs d'attaque sans qu'ils ne puissent eux-mêmes voir de modifications dans le code des pages Web ou des scripts PHP ou Javascript qu'ils ont chargé sur le serveur. On pourra lire les articles sur ce module Darkleech d'Unmask parasites, Webmasterworld ou encore Day by day par @it4sec.

Et même directement dans la chaîne de fabrication

L'action récente de l'équipe de lutte contre la cybercriminalité de Microsoft contre le botnet Nitol a permis de mettre en évidence que les logiciels malveillants pourraient parfois être insérés au moment de la fabrication de certains ordinateurs, ici au travers de l'installation de version contrefaites du système d'exploitation Windows. Ce problème n'est pas totalement nouveau, car des erreurs ont parfois été mises en évidence lors du recyclage de disques durs partis en maintenance, ou encore lors du téléchargement de versions contrefaites de systèmes d'exploitation, mais c'est - il me semble - la première fois qu'une diffusion massive de logiciels malveillants est identifiée dans une chaîne de distribution de matériels informatiques.

Comment se protéger ?

Nous ne le répèterons jamais assez : il est important de se tenir informé et d'informer sa famille, ses amis, ses collègues sur les risques. La connaissance de ceux-ci aide à éviter les actions qui favorisent les infections virales. Des forums peuvent vous aider à vous sortir de ces situations (Malekal, CommentCaMarche,...) . Il faut se méfier à tout prix des sources alternatives de diffusion des systèmes d'exploitation ou des logiciels, qu'il s'agisse de contrefaçons ou de plateformes de téléchargement. Bien entendu, ce conseil vaut pour les logiciels commerciaux ou ceux qui sont diffusés sous des licences libres (dans ce dernier cas on recherchera par exemple des miroirs officiels ou de confiance). Tenir à jour son système d'exploitation et tous les logiciels ou modules complémentaires qu'on a installés, particulièrement ceux qui sont les plus ciblés à savoir les outils de navigation Internet ou encore les clients de discussion en ligne. On pourra compléter son navigateur d'extensions de sécurité, comme évoqué sur cette page. Quoi qu'en disent certains enfin, l'installation d'un antivirus est indispensable sur les systèmes d'exploitation grand public. Cet antivirus, gratuit ou payant, doit absolument être maintenu à jour et sera systématiquement utilisé pour vérifier la sécurité d'une clé USB de source extérieure. Enfin, désactivez les fonctions de démarrage automatique (USB ou réseau) si elles ne sont pas indispensables dans votre environnement (voir cet article pour Windows XP, 2000, 2003).

Compléments

  • Un article intéressant par Brett Stone-Gross (Dell SecureWorks) sur la façon dont se diffuse le botnet Gameover (une variante de ZeuS)

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